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Et voile à nul souffle bercée

E

Et voile à nul souffle bercée, S’enguidonne d’un beau ciel d’or Le dimanche très en décor Pour les femmes de mes pensées : Et les femmes ont dépensé Leur coeur tout devant les fenêtres Et creusent, d’amour enlisées, Jusqu’au pleur ce ciel des fenêtres. Vierges d’attente et de martyre, Au gril vert des persiennes lasses, Dans les jardins des croisées basses, Les...

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire

J

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire, Mes plus douces pensées, Celles que je te dis, celles aussi Qui demeurent imprécisées Et trop profondes pour les dire. Je dédie à tes pleurs, à ton sourire, A toute ton âme, mon âme, Avec ses pleurs et ses sourires Et son baiser. Vois-tu, l’aube blanchit le sol, couleur de lie ; Des liens d’ombre semblent glisser Et s’en aller, avec...

Loin du monde

L

Entrez, mes souvenirs, ouvrez ma solitude !Le monde m’a troublée ; elle aussi me fait peur.Que d’orages encore et que d’inquiétudeAvant que son silence assoupisse mon coeur ! Je suis comme l’enfant qui cherche après sa mère,Qui crie, et qui s’arrête effrayé de sa voix.J’ai de plus que l’enfant une mémoire amère :Dans son premier chagrin, lui, n’a...

Et je m’en reviens de mer

E

Et je m’en reviens de mer,Pauvre pêcheur,Maintenant et à l’heureDe ce dimanche,Ainsi soit-il. Et je m’en reviens de l’eauLes rames hautSonnant comme des heuresAu beau dimanche,Ainsi soit-il. La voile a coulé dans l’eau,Mon beau bateau,Maintenant sonne l’heureD’un beau dimanche,Ainsi soit-il. Or la voile, l’aient les tailleurs,Aussi la mer,Alors que...

Grenzen/ Frontière

G

Grenzen Hoe zou mij met politiek verminkenwanneer een aangezicht een aangezicht belijdt,wanneer de Zwarte Zee de Noordzee lijkt,wanneer een Donau-vlot mijn voet herkent,wanneer een wilde wijn mijn mond verwent,wanneer mijn keel een donkere taal verkent,wanneer een Vlaamse vloek een lichter oor bekoort,wanneeer een zelfde maan mijn heimwee smoort? En dan, hoe zou ik als ik naar de luchtkaart...

Il fait novembre en mon âme

I

Rayures d’eau, longues feuilles couleur de brique,Par mes plaines d’éternité comme il en tombe !Et de la pluie et de la pluie – et la répliqueD’un gros vent boursouflé qui gonfle et qui se bombeEt qui tombe, rayé de pluie en de la pluie. – Il fait novembre en mon âme –Feuilles couleur de ma douleur, comme il en tombe ! Par mes plaines d’éternité, la...

Technique de pointe

T

Elle ne quittait plus la planche à clous en brailleQue lui avait écrite un vieil admirateurElle en aimait beaucoup le moelleux la douceurCar moins pénible au dos qu’une botte de paille
Qui en outre faisait cracra voire pagailleSurtout que mélangée à ces litres de pleursQue la belle versait étant d’aqueuse humeurL’affaire eût eu de quoi retourner ses entrailles.
Jean-Marie Flémal

LA DRAGUEUSE

L

Je me farcirais bien quelque mari honnêtecar j’en ai plein le dos des rustres avinésqui font ça tel l’éclair et qu’il faut malmenerpour qu’ils raquent leur dû. Moi, ma passion secrète, c’est l’employé modèle, innocent dans sa têtemais qui feint d’ignorer où je vais l’entraîner.Celui-ci n’est pas mal, quoique désordonnéquand il veut...

LE PEUPLIER

L

Le temps est-il ce peuplierQue j’interroge à ma fenêtre ?comme moi, il a ses saisons,Ses songes renaissantD’une mémoire paysanne,mais sa durée est compromisePar les tempêtes enivréesQue lui réservent les automnes.A quelle altitude célestePortera-t-il le poids de ses années ? A mon réveil je le salue :Il me répondPar une danse dans le vent.Je lui propose un long voyageDans la campagne...

Mythomane

M

Il me parle faussement détachéd’angoisse et de bitume qui colleil tourne autour de son coudeux fois sa longue écharpe ses lunettes solaires réfléchissantesaveuglent son regard blancmême au plus clair du jouret il fait maintenant nuit pleine il lui faut un casque pour son blueset les néons gueulards de la ruene lui suffisent paspour saisir son tempo :il vit à contre-jouril respire à contretemps il...