Latest Poems

La fleur de l’amitié

L

Un jour, en pleine Nature,
…Enfoui sous la verdure,
Un bourgeon m’a souri.
Le regard ému et attendri,
Je l’ai délicatement cueilli ;
Soudain, il s’est épanoui,
Transformé en rose de l’amitié,
Au grand cœur passionné,
Aux tendres pétales colorés,
Au doux parfum printanier.
Cette belle et sensible fleur
Sème l’odeur du Bonheur.
© Katia Hacène

 

J’ai vu le menuisier…

J

J’ai vu le menuisierTirer parti du bois. J’ai vu le menuisierComparer plusieurs planches. J’ai vu le menuisierCaresser la plus belle. J’ai vu le menuisierDonner la juste forme. Tu chantais, menuisierEn assemblant l’armoire. Je garde ton imageAvec l’odeur du bois. Moi, j’assemble des motsEt c’est un peu pareil. Eugène Guillevic (1907-1997)–...

PANTOUM

P

Par les soirs où le ciel est pur et transparent,Que tes flots sont amers, noire mélancolie !Mon coeur est un lutteur fatigué qui se rend,L’image du bonheur flotte au loin avilie. Que tes flots sont amers, noire mélancolie !Oh ! qu’il me fait de mal ton charme pénétrant !L’image du bonheur flotte au loin avilie.L’espoir qui me berçait râle ainsi qu’un mourant. Oh ! qu’il me fait de mal ton charme...

Ô rage ! Ô désespoir…

Ô

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriersQue pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire,Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,Tant de fois affermi le trône de son roi,Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?Ô...

Verset ou rondeau

V

Repos éternel donne à cil,Sire, et clarté perpétuelle,Qui vaillant plat ni écuelleN’eut oncques, n’un brin de persil. Il fut ras, chef, barbe et sourcil,Comme un navet qu’on ret ou pèle.Repos éternel donne à cil. Rigueur le transmit en exilEt lui frappa au cul la pelle,Nonobstant qu’il dit : ” j’en appelle ! “Qui n’est pas terme trop subtil,Repos...

Guillaume Apollinaire: ‘Rhénane d’automne’ (English translation)

G

Rhenish autumn To Toussaint-Luca The children of the dead come and play In the cemetery Martin Gertrude Hans and Henri No cockerel has crowed today Adoodleday The old women Walk along slowly with tearful faces And the good-natured donkeys Bray hee-haw and start guzzling the flowers Of the funeral wreaths It’s the day of the dead and of all their souls The children and the old women Light their...

Ma seule amour…

M

Ma seule amour, ma joie et ma maîtresse,Puisqu’il me faut loin de vous demeurer,Je n’ai plus rien, à me réconforter,Qu’un souvenir pour retenir liesse. En alléguant, par Espoir, ma détresse,Me conviendra le temps ainsi passer,Ma seule amour, ma joie et ma maîtresse,Puisqu’il me faut loin de vous demeurer. Car mon coeur las, bien garni de tristesse,S’en est voulu...

LE PEUPLIER

L

Le temps est-il ce peuplierQue j’interroge à ma fenêtre ?comme moi, il a ses saisons,Ses songes renaissantD’une mémoire paysanne,mais sa durée est compromisePar les tempêtes enivréesQue lui réservent les automnes.A quelle altitude célestePortera-t-il le poids de ses années ? A mon réveil je le salue :Il me répondPar une danse dans le vent.Je lui propose un long voyageDans la campagne...

Le front aux vitres

L

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrinCiel dont j’ai dépassé la nuitPlaines toutes petites dans mes mains ouvertesDans leur double horizon inerte indifférentLe front aux vitres comme font les veilleurs de chagrinJe te cherche par delà l’attentePar delà moi mêmeEt je ne sais plus tant je t’aimeLequel de nous deux est absent. Paul ÉLUARD (1895 – 1952)Recueil : “L’Amour...

To the Muses

T

WHETHER on Ida’s shady brow, Or in the chambers of the East, The chambers of the sun, that now From ancient melody have ceas’d; Whether in Heaven ye wander fair, Or the green corners of the earth, Or the blue regions of the air Where the melodious winds have birth; Whether on crystal rocks ye rove, Beneath the bosom of the sea Wand’ring in many a coral grove, Fair Nine, forsaking Poetry! How have...