CategoryGeorges RODENBACH

La Soif

L

À Émile Verhaeren. Les marins naufragés, debout sur leur radeauQue berce et qu’enveloppe un lugubre bruit d’eau,Cherchent à l’horizon l’aile blanche des voiles.Quand le calme renaît, quand brillent les étoilesComme des lampes d’or sur leur tombeau mouvant,Ils espèrent revoir le port au jour levant.Vain rêve : le temps calme est pis que les tempêtes ;Un soleil tropical tombe à pic sur leurs...

À Edmond L.

À

Edmond, te souvient-il de nos jeunes années,De ce temps encor proche et qui semble lointain,Où tous deux nous tenions nos têtes inclinées.Sur ces livres méchants de grec et de latin.. Mais voici qu’aujourd’hui tu prends un autre livre,Le livre le plus pur et le plus gracieux,Le livre de l’amour, dont rien ne désenivreEt qu’on lit sur la terre en se croyant aux cieux ! Avec la femme jeune et...