CategoryThéodore Agrippa d’Aubigné

Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant

J

Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant Cent amoureux sonnets donnés pour mon martyre, Si peu de mes langueurs qu’il m’est permis d’écrire Soupirant un Hécate, et mon mal gémissant. Pour ces justes raisons, j’ai observé les cent : A moins de cent taureaux on ne fait cesser l’ire De Diane en courroux, et Diane retire Cent ans hors de l’enfer les corps sans...

Voici la mort du ciel…

V

Voici la mort du ciel en l’effort douloureux Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux. Le ciel gémit d’ahan, tous ses nerfs se retirent, Ses poumons près à près sans relâche respirent. Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux, Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux ; L’âme de tant de fleurs n’est plus épanouie, Il n’y a plus de vie au principe de...

Je sens bannir ma peur et le mal que j’endure

J

Je sens bannir ma peur et le mal que j’endure, Couché au doux abri d’un myrte et d’un cyprès, Qui de leurs verts rameaux s’accolant près à près Encourtinent la fleur qui mon chevet azure ! Oyant virer au fil d’un musicien murmure Milles nymphes d’argent, qui de leurs flots secrets Bebrouillent en riant les perles dans les prés, Et font les diamants rouler à...

L’hiver du sieur d’Aubigné

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Mes volages humeurs, plus stériles que belles, S’en vont, et je leur dis : ” Vous sentez, hirondelles, S’éloigner la chaleur et le froid arriver. Allez nicher ailleurs pour ne fâcher, impures, Ma couche de babil et ma table d’ordures ; Laissez dormir en paix la nuit de mon hiver. ” D’un seul point le soleil n’éloigne l’hémisphère ; Il jette moins...

Puisque le cors blessé, mollement estendu

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Puisque le cors blessé, mollement estenduSur un lit qui se courbe aux malheurs qu’il suporteMe faict venir au ronge et gouster mes douleurs,Mes membres, jouissez du repos pretendu,Tandis l’esprit lassé d’une douleur plus forteEsgalle au corps bruslant ses ardentes chaleurs. Le corps vaincu se rend, et lassé de souffrirOuvre au dard de la mort sa tremblante poitrine,Estallant sur...

Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant

J

Je brûle avec mon âme et mon sang rougissantCent amoureux sonnets donnés pour mon martyre,Si peu de mes langueurs qu’il m’est permis d’écrireSoupirant un Hécate, et mon mal gémissant.Pour ces justes raisons, j’ai observé les cent :A moins de cent taureaux on ne fait cesser l’ireDe Diane en courroux, et Diane retireCent ans hors de l’enfer les corps sans monument.Mais quoi ? puis-je connaître au...