CategoryAlphonse Allais

Complainte amoureuse

C

Oui, dès l’instant que je vous vis, Beauté féroce, vous me plûtes ; De l’amour qu’en vos yeux je pris, Sur-le-champ vous vous aperçûtes ; Mais de quel air froid vous reçûtes Tous les soins que pour vous je pris ! En vain je priai, je gémis : Dans votre dureté vous sûtes Mépriser tout ce que je fis. Même un jour je vous écrivis Un billet tendre que vous lûtes, Et je ne sais comment vous pûtes De...

Rimes riches à l’oeil

R

L’homme insulté‚ qui se retient Est, à coup sûr, doux et patient. Par contre, l’homme à l’humeur aigre Gifle celui qui le dénigre. Moi, je n’agis qu’à bon escient : Mais, gare aux fâcheux qui me scient ! Qu’ils soient de Château-l’Abbaye Ou nés à Saint-Germain-en-Laye, Je les rejoins d’où qu’ils émanent, Car mon courroux est permanent. Ces gens qui se croient des Shakespeares Ou rois des îles...

Nous nous étalons

N

Nous nous étalons Sur des étalons. Et nous percherons Sur des percherons ! C’est nous qui bâtons, A coup de bâtons, L’âne des Gottons Que nous dégottons !… Mais nous l’estimons Mieux dans les timons. Nous nous marions A vous Marions Riches en jambons. Nous vous enjambons Et nous vous chaussons, Catins, tels chaussons ! Oh ! plutôt nichons Chez nous des nichons ! Vite polissons Les doux polissons ...

COMPLAINTE AMOUREUSE

C

Oui, dès l’instant que je vous vis,Beauté féroce, vous me plûtes !De l’amour qu’en vos yeux je pris,Sur-le-champ vous vous aperçûtes.Mais de quel air froid vous reçûtesTous les soins que pour vous je pris !Combien de soupirs je rendis !De quelle cruauté vous fûtes !Et quel profond dédain vous eûtesPour les veux que je vous offris !En vain, je priai, je gémis,Dans votre dureté...