Authorpoesiedumonde

La servante au grand coeur

L

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse, Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs, Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres, Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres, Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats, A dormir, comme ils font...

My Heart Leaps Up

M

My heart leaps up when I behold
A rainbow in the sky:
So was it when my life began;
So is it now I am a man;
So be it when I shall grow old,
Or let me die!
The Child is father of the Man;
And I could wish my days to be
Bound each to each by natural piety.
William Wordsworth – 1770-1850

Paroles sur la dune.

P

Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau, Que mes tâches sont terminées ; Maintenant que voici que je touche au tombeau Par les deuils et par les années, Et qu’au fond de ce ciel que mon essor rêva, Je vois fuir, vers l’ombre entraînées, Comme le tourbillon du passé qui s’en va, Tant de belles heures sonnées ; Maintenant que je dis : – Un jour, nous triomphons ; Le lendemain, tout...

Love Philosophy

L

The fountains mingle with the river, And the rivers with the ocean; The winds of heaven mix forever With a sweet emotion; Nothing in the world is single; All things by a law divine In another’s being mingle– Why not I with thine? See, the mountains kiss high heaven, And the waves clasp one another; No sister flower could be forgiven If it disdained its brother; And the sunlight clasps...

Le miroir brisé

L

Le petit homme qui chantait sans cesse le petit homme qui dansait dans ma tête le petit homme de la jeunesse a cassé son lacet de soulier et toutes les baraques de la fête tout d’un coup se sont écroulées et dans le silence de cette fête dans le désert de cette fête j’ai entendu ta voix heureuse ta voix déchirée et fragile enfantine et désolée venant de loin et qui m’appelait et...

Ma biographie

M

A Henri d’Ideville. Le torrent que baise l’éclair Sous les bois qui lui font des voiles, Murmure, ivre d’un rhythme clair, Et boit les lueurs des étoiles. Il roule en caressant son lit Où se mirent les météores, Et, plein de fraîcheur, il polit Des cailloux sous ses flots sonores. Tel, je polissais, cher Henri, Des vers que vous aimez à lire, Depuis le jour où m’a souri Le...

To Morning

T

O HOLY virgin! clad in purest white,
Unlock heav’n’s golden gates, and issue forth;
Awake the dawn that sleeps in heaven; let light
Rise from the chambers of the east, and bring
The honey’d dew that cometh on waking day.         5
O radiant morning, salute the sun
Rous’d like a huntsman to the chase, and with
Thy buskin’d feet appear upon our hills.
William Blake (1757–1827).

Sonnet XCVII: How like a winter hath my absence been

S

How like a winter hath my absence been From thee, the pleasure of the fleeting year! What freezings have I felt, what dark days seen! What old December’s bareness everywhere! And yet this time remov’d was summer’s time, The teeming autumn, big with rich increase, Bearing the wanton burthen of the prime, Like widow’d wombs after their lords’ decease: Yet this abundant...

Chanson de l’oiseleur – Chanson

C

L’oiseau qui vole si doucement L’oiseau rouge et tiède comme le sang L’oiseau si tendre l’oiseau moqueur L’oiseau qui soudain prend peur L’oiseau qui soudain se cogne L’oiseau qui voudrait s’enfuir L’oiseau seul et affolé L’oiseau qui voudrait vivre L’oiseau qui voudrait chanter L’oiseau qui voudrait crier L’oiseau...

Souvenir

S

Vingt ans après cent ans plus tard toujours les sordides mousquetaires toujours les mêmes traîneurs de sabre toujours les porteurs de bannière Enfant j’ai vu sur une image des hommes en robe noire avec un visage vert debout autour d’un homme qui s’appelait Ferrer Oh pauvres hommes vivants comme vous avez de redoutables adversaires toujours les mêmes sans un changement de...