La carotte est à poil tout près d’un potiron
Subtile influence de l’attraction lunaire
Et les poils se dressent comme des militaires,
Au garde-à-vous bandé, prêts pour leur mission;

Mais sans la capote, seul les cornichons
Se mouillent à prendre des plaisirs délétères . . .
Enorme légume jouissant de la terre,
Surtout ne tombe pas dans ce piège à bâton!

Il a bon ton bon teint, ce joyaux du jardin;
“Organiquement sain”, conclue la médecin
qui goûte des lèvres cette chair tachée

“Ce ferme membre à poils des non-légumineuses,
n’a dans ses racines point de vice caché.”
(Sauf pour les lecteurs aux. . . pensées libidineuses).

©Rolland Pauzin – 18-03-2002 – Sonnet : Gotcha!


Ma pomme d’amour toute perlée toute rouge
Tu te glisses entre mes lèvres excitées
Je te tiens délicatement avec doigté
Et te couvre de baisers pour que tu ne bouges.

Tu n’es pas de la mauvaise graine d’un bouge
Faussement sucrée ou aigrement affectée
Loin de toi l’idée sote et grenue d’infecter
L’ignoble croquant te passant à l’infrarouge.

Tu te laisses lécher en rougissant un peu
Puis tu envoies les gueux aux sixièmes cieux
A quelques marches des plaisirs les plus exquis.

Quand tu te parfumes les jours de grande dalle
De senteurs enivrantes dont le basilic
Tu es à croquer ma tomate provencale.

©Pendelote alias Rolland Pauzin – 19-03-2002 – Sonnet