Benoit de Senneville – Un promeneur met la peinture à l’épreuve du Temps

Andalousie (2) 100 x 100
Il peint de façon traditionnelle puis découvre la liberté des couleurs, il hésite entre le réalisme et l’abstrait ; les conjuguant, il réussit une fusion de deux styles apparemment incompatibles. Il crée selon sa propre recherche. « Exubérantes, flamboyantes, ses peintures façonnées de couleurs chaudes et d’ombres crues révèlent les libertés plastiques que prend le peintre comme un aventurier à la recherche de sa vérité. Benoit de Senneville ne cherche pas à convaincre mais à suggérer que le beau est dans tout, que l’artiste se doit de rester imprévu offrant avec générosité l’aptitude à naviguer de la réalité au rêve »
Christine Loton-Mellerio Peintre et professeur d’arts plastiques

La vallée de rouilles
Rouille Ferrailles Canettes
« Je m’intéresse au fer blessé, aux métaux dégradés, à la canette usée par le temps ». « Ces couleurs, cette épaisseur, on ne les a pas avec du neuf …les tons terreux, l’ocre, le rose, cette teinte terre de sienne, avec probablement un dépôt de sel, il faut qu’il y ait le passage du temps, ce témoignage, pour que ça m’intéresse ». Le peintre obtient des ciels, des paysages, des arbres, avec une nette dominante rouge. Parfois des figures font leur apparition : comme par exemple ces 3 cannettes de formes similaires aplaties par le passage des voitures. « J’ai peint ce qui peut ressembler à un banc et j’ai positionné les 3 morceaux de fer. J’y vois 3 petits vieux en train de discuter… »

Canettes 110 x 80
Bitume
Bitume, peinture au bitume. Sans doute cela lui vient-il de son premier métier dans les Travaux Publics. Bitume et peinture à l’huile, à l’essence de térébenthine, pour obtenir quelque chose de très épais, tellement épais que le peintre en arrive à utiliser la truelle ou le couteau sur des toiles jusqu’à 3mm d’épaisseur devenues quasiment noires. Le bitume absorbe les pigments et met alors très longtemps à sécher. Mais aussi, bitume et peinture à l’eau pour obtenir, avec la dilution adéquate, un tableau aquarellé offrant une grande facilité de séchage. Benoit ne traite pas seulement les fonds de ces manières. Il lui est arrivé de faire des tableaux uniquement au bitume, avec une ou deux touches de blanc pour éclairer. « Egalement, quelque fois je m’en sers en couche, en sous couche, et je peins à l’huile dessus de manière tout à fait classique. » La peinture au bitume … toute une technique délicate à contrôler.
Benoit ne cesse de sourire, et sa peinture vous laisse une petite note nostalgique d’un cycle de saisons oublié dans cette vie des villes trépidante. Soulignant la nostalgie de l’instant, Benoît conclue l’interview en s’exprimant sur la solitude du métier qui « est jalonné de rencontres ». Comme récemment celle de « ces gars couvreurs zingueurs » travaillant sur les cheminées d’un immeuble qui lui ont permis de récupérer des petites plaques en fonte « un peu sales et bien rouillées ».
Brigitte d’Hautefeuille Journaliste

50 x 40 Sous pente
Au début, il a peint des nus, des toits, des ambiances à la Hopper, du bleu, des talons hauts, des escaliers qui, déjà ne tenaient pas dans leur cage. Puis très vite, Benoit est sorti du figuratif, et bientôt des limites de la toile. Son plaisir à bidouiller les matières est trop fort. Le tableau prend du relief, s’échappe du châssis. Plein de force et d’humour. Les faiseurs de phrases diraient sans doute que le peintre du dimanche est arrivé à la liberté.
Claire Moreau-Shirbon Journaliste

Les eaux larges ( dyptique 100 x 100 x 2)
Peintre, artiste, artisan, je crée dans la solitude et la paix de l’atelier, un peu en retrait ; au dehors les cris des enfants qui jouent me rappellent la marche du monde. Je peins pour écrire mais je ne suis pas écrivain, je peins pour la musique mais je ne suis pas musicien, je peins pour rêver, je peins pour la lenteur, je peins pour l’élégance et pour la poésie.
Benoit de Senneville

Ronde est la terre
« C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche » Pierre Soulages

Je manque de science. Mais j’essaie toujours ce que je ne sais pas » Jean Pierre Pincemin