Il n’avait rien construit
Il n’avait rien laissé
A la postérité
Quand la mort le faucha
En pleine fleur de l’âge
Quand la mort l’appela
Loin de cette terre

Pourtant
Pourtant il avait
Dans sa vie de bohême
Simple vie de mortel
De quoi donner l’occasion
A n’importe quel historien
N’importe quel romancier
D’emplir une bibliothèque tout entière

Il aurait mérité
Que son nom fût inscrit
Sur le marbre éclatant
D’un monument célèbre
Mais son nom ne figure
Que sur le bois pourri
D’une croix silencieuse
Au fond d’un cimetière.

Arnaud Somveille

1982

(in Errances, éditions Saint-Germain-des-Près, Paris 1985)