Le silence de l’horloge
tictaque dans la tête

Comme un poisson
gobant le temps
il tourne en rond
dans un bocal gris

Une peinture morte
d’incertains buissons
bruissant de l’autre coté de la fenêtre
rappelle ces sons inaudibles
de l’enfance lointaine

Une chaise craque

Son bois vit encore
et a surpris le silence de l’horloge
qui tictaque dans la tête

Rolland Pauzin 8 mars 2010


ŒIL DE VERRE

Elle était très laide et me regardait
D’un seul œil
- mais tout le visage en portait la marque -
Il n’y avait que cette affreuse bille bleue que je vois encore
Quand sur le sable de sa tombe déjà oubliée J’écris son nom :
Brigitte.
Pourtant, elle était bonne, et d’une main tendre
Me guidait.
Toujours elle jouait, et me consolait
Quand je pleurais.
Dans l’ombre du lac elle disparut un soir.
Sa main ruisselant, je la vois encore
Quand sur le sable de sa tombe déjà oubliée
J’écris son nom :
Brigitte.
Au matin, on la trouvera, noyée.
Le soleil doré,
Heureux, jouait sur la passerelle.
Tout cela je le vis.
(Plus tard, quand je fus homme, on me dit
qu’elle aimait votre valet qui, d’elle, se moquait…)
Personne alors ne vint me consoler, je m’en souviens encore
Tandis que sur le sable de sa tombe déjà oubliée
J’écris son nom :
Brigitte
Brigitte.

P. MUSTAPÄA

"Suomi Sun" ©2004 Rod Costa