CHANT OCCIDENTAL
O le coup d’aile nocturne de l’âme !
Pâtres, nous allions jadis le long de forêts crépusculaires
Et le gibier rouge nous suivait humblement et les fleurs vertes
et la source qui balbutie.
O le chant immémorial du grillon,
Le sang qui fleurit sur la pierre du sacrifice
Et le cri de l’oiseau solitaire sur le silence vert de l’étang !
O vous, croisades et tortures ardentes
De la chair, chute des fruits empourprés
Dans le jardin du soir, où autrefois allaient les pieux disciples
Maintenant guerriers, s’éveillant des blessures et des rêves d’étoiles !
O vous, touffes suaves des bleuets de la nuit !
O vous, temps du silence et des automnes d’or,
Lorsque, moines paisibles, nous pressions les raisins de pourpre ;
Et tout autour brillaient les collines et les bois !
O, vous, chassez et châteaux ; repos du soir,
Lorsque dans sa chambre l’homme méditait le juste
Et que dans une prière muette, il luttait pour saisir la Face
vivante de Dieu.
O les heures amères du crépuscule
Lorsque nous contemplons un visage pierreux dans les eaux noires !
Mais rayonnants, les amants lèvent les paupières argentées :
Une seule race ! L’éncens ruisselle des coussins roses
Et le cantique suave des ressuscités.
Une Demi Siècle de Poésie La maison du poète 2, 158 Rue de la Lune, Dilbeek, Copyright 1954 by “La Maison du Poète”, Dilbeek
